Anker-Mag rencontre une infirmière et membre de la Santé en Lutte pour lui poser des questions sur la situation avant et après le confinement dans le secteur de la santé, sur les conditions matérielles des travailleurs.euses et sur l’ensemble des revendications portées par la Santé en Lutte. 

A. : Pourrais-tu nous parler brièvement de ton parcours militant au sein de la Santé en Lutte ? Qu’est-ce qui t’as poussé à rejoindre ce collectif ?

C. : J’ai fini mes études assez récemment et suis diplômée depuis juin de l’année passée, il s’agit d’une reconversion. Lors de mes études, j’avais déjà la volonté de dénoncer les conditions de travail que j’ai pu voir en stage à l’hôpital. J’ai vraiment eu une prise de conscience par rapport à plusieurs problèmes, comme le phénomène de marchandisation des soins, de rentabilité et l’espèce de bureaucratie illogique dans ce secteur… J’ai aussi pu observer une hiérarchisation poussée à l’extrême dans le milieu hospitalier, j’y reviendrai. Un autre élément que j’ai eu envie de dénoncer au moment de mes études c’est la maltraitance des patient.e.s causée par une logique financière à l’hôpital et dans le milieu de la santé. Ça fait vraiment perdre le sens de ce métier de réduire ou d’éliminer tout le temps consacré à l’humain. Une autre chose encore, que j’ai pu constater, c’est le gaspillage. En effet, parallèlement au fait de toujours vouloir faire des économies dans le milieu des soins, il y a un énorme gaspillage qui résulte d’une mauvaise utilisation du matériel, j’y reviendrai aussi.

En terme de parcours militant, j’ai voulu dénoncer ces conditions-là, vécues durant mes études et j’ai aussi eu vraiment la volonté de trouver des solutions à ça, et pas juste de me plaindre. Mes solutions personnelles et privées là-dedans ont consisté à me dire : où est-ce que je vais travailler ? Où est-ce que je vais être infirmière ? Et mes réponses ont été de me tourner vers les maisons médicales et puis, après ça, vers une ASBL qui propose des soins à domicile avec un déplacement à vélo, tout en essayant de privilégier la qualité et le temps passé avec les gens.

Parallèlement à ça encore, depuis septembre 2019, je suis formatrice pour différents acteurs de santé : des aides-soignantes, de futures cuisinières d’hôpital, des agents d’entretien hospitalier (les personnes qui s’occupent du nettoyage dans les hôpitaux). Les aides-soignantes ont une formation de deux ans mais les personnes qui nettoient l’hôpital peuvent suivre une formation d’environ huit mois qui les forme à faire un métier en pleine connaissance, en général les employeurs aiment bien que ces personnes aient cette petite formation-là. Ça m’a davantage ouvert les yeux sur les métiers de l’hôpital qui sont les plus oubliés et les plus dévalorisés. Et c’est aussi via les témoignages des étudiantes – j’y fais référence au féminin parce que ce sont principalement des femmes – sur le racisme qu’elles subissent dans leurs études et leur travail, donc dans le milieu hospitalier ou dans des maisons de repos, sur la dévalorisation de leur métier, leurs conditions précaires, l’instabilité de leur contrat, que j’ai commencé mon parcours militant.

En ayant tout ça en tête, ma route a croisé celle de la Santé en Lutte et comme elle dénonçait vraiment ces mêmes idées-là, mais collectivement, et que moi-même j’étais en recherche de solutions pour avancer, j’ai participé à une première assemblée générale. Le principe de la Santé en Lutte, c’est qu’en participant à une assemblée générale, on devient membre, et chaque membre a une voix, il n’y a pas de leader, on décide tous ensemble et on vote ensemble. Comme j’étais vraiment en accord avec ce que la Santé en Lutte denonçait, j’ai voulu m’y investir plus. 

A. : La Santé en Lutte l’a toujours souligné, on ne peut pas retourner à une soi-disant normalité qui n’était déjà pas normale avant le confinement. Pourrais-tu mettre en évidence les continuités et discontinuités par rapport aux conditions de travail et au niveau des problèmes structurels du secteur de la santé avant et après le confinement  ?


C. : Effectivement, on observe un retour à l’anormalité. Je pense que le confinement a vraiment accentué et mis en évidence les mauvaises conditions de travail, qui étaient déjà présentes depuis des années et décriées par la Santé en Lutte. La politique de rentabilité, par exemple, poussée à l’extrême, a conduit à se demander qui on allait tester et soigner – y compris parmi le personnel soignant – parce qu’il y n’avait pas assez de tests, ni d’argent. En effet, depuis des années il y a de moins en moins de lits dans les hôpitaux, et il a fallu faire de la place pour les cas Covid prioritaires, ce qui a encore diminué le nombre de lits, donc on était obligé de se demander qui on soignait parmi les patient.e.s, qui était prioritaire. En plus de cette mauvaise gestion, la pénurie de matériel essentiel a eu des conséquences inhumaines. On dénonçait déjà ces conditions avant, mais le confinement a fait ressortir cette gravité aux yeux de tous.

Après, en termes de continuité, il y a toujours eu du gaspillage d’argent. Ça s’est notamment vu avec la saga des masques. Au début, il n’y avait pas assez de masques, puis après on s’est rendu compte qu’ils avaient été commandés mais brûlés il y a longtemps parce qu’on avait jugé inutile d’avoir autant de réserves… Et là maintenant, au moment où on en a eu besoin, il n’y en avait pas, ou bien les commandes n’étaient pas conformes à ce dont on avait réellement besoin. C’est la même chose pour les blouses de protection qui étaient de qualité médiocre. Bref, tout ça, c’est du gaspillage d’argent d’un côté, alors qu’on essaye de faire des économies de l’autre…

Un autre exemple qui illustre cette accentuation, durant le confinement, de conditions déjà précaires, c’est tout ce qui touche au secteur extra-hospitalier. Par exemple, les maisons de repos et les soins à domicile, mais aussi tout ce qui est santé mentale en milieu hospitalier ou extra-hospitalier, le milieu carcéral, les soins aux sans-papiers, aux personnes sans-abris, etc. Pendant la pandémie on a vu que c’étaient les personnes les plus précaires et les personnes qui travaillent avec elles, qui en ont le plus souffert. On a vu qu’il y avait des appels aux dons dans les hôpitaux publics ; mais il y a aussi eu des appels aux dons dans les associations qui travaillent de manière extra-hospitalière… Et on en est venu à des vrais abandons de patients, étant donné qu’il y a eu plein de centres qui ont perdu leurs financements et qu’il était juste impossible de payer les travailleurs.euses dans des conditions Covid. Là maintenant, dans cette période post-confinement , on commence à voir des exemples de dégâts collatéraux dans la presse ou dans des faits divers, et c’est le résultat indirect de la mauvaise gestion de cette crise et de la mauvaise gestion générale. Donc ça a montré, une fois de plus, que le manque d’investissement dans la santé aggrave une situation déjà problématique et entraîne des conséquences graves.

Concernant la sous-traitance, il y a eu, par exemple, des contrats précaires qui ont été créés par des sociétés externes pour répondre à l’urgence puisque le personnel d’entretien, entre autres, était en sous-effectif. Ce qui est assez normal en soi, les gens tombaient malades ou avaient peur et demandaient un certificat pour éviter de s’exposer aux risques. Il y avait  davantage de boulot parce qu’il y avait énormément à désinfecter tous les jours. Ces sociétés externes à l’hôpital ont proposé des CDD de trois mois à des agents d’entretien hospitalier. Même parmi les étudiants, par exemple, qui avaient commencé une petite formation et l’ont donc arrêté pour aller bosser, sans garantie d’emploi à long terme, et sans pouvoir reprendre la formation où ils l’auront laissée…

Ensuite, il y a toujours eu un oubli des métiers les moins considérés mais qui ont pourtant été les plus exposés lors du confinement. Par exemple, les aides-soignantes, les aides familiales, les assistantes logistiques, etc. En fait les gens ne voient que la surface ; on pense aux médecins, et on a certes beaucoup pensé aux infirmières, mais on a beaucoup moins parlé de toutes les professions qui font partie de l’hôpital et qui sont indispensables à son fonctionnement. D’ailleurs, il y a certains hôpitaux, dont la situation financière a été aggravée par la crise, qui voudraient éventuellement supprimer ces emplois précaires pour pallier le problème financier, et qui finiront donc par dépendre à nouveau des sociétés de sous-traitance.

A. : Il y a une tendance à l’externalisation de certains services, qui étaient précédemment à l’intérieur de l’hôpital même et qui-là ne sont plus garantis.

C. : Oui, les hôpitaux n’arrivent plus à les garantir et on garde « l’essentiel ». Mais c’est quoi « l’essentiel » à l’hôpital ? Ce ne sont pas que les médecins l’essentiel, l’essentiel c’est un tout, c’est un ensemble. Donc ce qui a peut-être un peu changé, en termes de discontinuité, c’est qu’il y a une plus grande reconnaissance de la pénibilité du métier infirmier et peut-être une prise de connaissance des manquements à l’hôpital, du manque de prévoyance, mais aussi une prise de conscience de la part de la population du rôle essentiel des acteurs de première ligne qui ont été surexposés. Après, de la part des dirigeants des hôpitaux, ou du pays, je ne pense pas qu’il y ait de changement. Il y a eu des promesses et des engagements qui ont été avancées, mais c’est du vent. Ce sont de faux moyens, ce sont des primes qui sont ridicules. Ce n’est pas une vraie revalorisation, ce n’est pas une vraie réflexion autour du secteur de la santé. Il n’y a pas eu une consultation sincère des travailleurs pour pouvoir améliorer le secteur. Les travailleurs, ce ne sont pas juste les médecins et les infirmiers, mais ce sont aussi les aides-soignantes par exemple, et toutes les autres professions qui font partie de l’hôpital. Ce sont des gens à consulter lors des prises de décision et dont l’expérience peut servir à améliorer le fonctionnement de l’hôpital.

A. : Tu viens de mettre en lumière tous les problèmes en termes de continuités/discontinuités. On se demandait si tu pouvais nous donner le cadre de la lutte depuis la fin du confinement et même peut être pendant le confinement. Quelles ont été les revendications de la Santé en lutte ?

C. : Nos revendications à la Santé en lutte sont les mêmes qu’avant le confinement. Il y en a 20 qui sont accessibles sur le site, mais nos revendications peuvent se résumer à : plus d’effectifs, plus de salaires, plus d’humanité. Et donc, qu’est-ce que cela veut dire ? Depuis la fin du confinement, c’est comme avant, une demande de refinancement véritable de la santé, au vu de la catastrophe à laquelle les manquements ont menés. Et, pour préparer la suite, contrer le risque réel de faillite des hôpitaux. A cause du Covid, il y a des hôpitaux qui frôlent la faillite et il ne faut pas que ce soient les travailleurs qui trinquent. Il s’agit de stopper l’austérité, de refinancer la sécurité sociale et d’avoir de meilleures conditions de travail.

Par ailleurs, depuis la fin du confinement il y a eu l’action « Tournons le dos au gouvernement » le 14 juin dans plusieurs villes de Belgique et cette action avait une portée plus forte vu que c’était le moment où il était interdit de manifester alors que les magasins, eux, étaient en train de rouvrir… Dans ce cas, pourquoi interdire aux soignants de manifester ? Pourquoi interdire les manifestations antiracistes ? On s’est donc rassemblé malgré les interdictions. Nous nous sommes aussi associés au collectif COVID-plainte.be, qui veut porter plainte contre x, contre la manière dont a été gérée la pandémie et pour réclamer justice contre ça. La plainte a été lancée hier (ndlr : en juillet 2020), il y a 10 personnes qui se sont portées parties civiles et la plainte reste ouverte, donc toute personne qui pense qu’elle a le droit de porter plainte contre la gestion de la crise peut le faire. On avait une manifestation de prévue qui a été annulée et reportée au 13 septembre, à Bruxelles, où on espère avoir beaucoup plus de monde que ce qui était prévu. Ce que l’on veut vraiment c’est dénoncer les manquements, c’est nous faire entendre par nos responsables, c’est se battre pour un accès aux soins de santé pour tous et toutes. C’est aussi être solidaire à l’international en soutenant par exemple les soignants qui luttent en France et en Tunisie, où il y a récemment eu une grève du personnel soignant. Et enfin, être solidaire d’autres causes comme la régularisation des sans-papiers, un combat qui est aussi lié à la santé et au système de soins. Quand les soignants expriment leur ras-le-bol, c’est aussi très directement pour les patients, donc chacun est concerné.

A. : Tu as dit que les revendications sont les mêmes qu’avant la pandémie et c’est clair qu’il y avait des manques dans le système et qu’ils ont eu une influence sur la gestion de la pandémie, mais est-ce que la pandémie a créé un nouveau terrain, de nouvelles possibilités pour mieux mener vos revendications ou mieux faire entendre votre voix ?

C. : Pour arriver à changer les choses, il faudrait qu’il y ait plein de monde qui nous suive, qui nous rejoigne, qui s’active, qui vienne témoigner, qui fasse bouger les choses à nos côtés. La pandémie a fait prendre conscience aux gens que la santé les concernait aussi, et qu’ils ont envie de se battre pour ça. C’est plus un élan et une motivation à faire changer les choses qui serait possible. Il n’y pas de solution concrète qui a été apportée par la pandémie au niveau des gouvernements, c’est plus au niveau de la population. Il faut cesser de ressasser les problèmes, et réclamer voire proposer des solutions…

A. : Cela nous amène à la dernière question. Il y a eu pas mal de solidarité entre les gens, des systèmes de solidarité qui se sont mis en place. Tu as mentionné aussi des choses très intéressantes comme la « santé partout et tout le temps » alors que l’on a l’impression que les patients désormais sont externes au problème de la santé, que l’on pourrait résumer en disant : « j’ai un problème de santé quand je suis malade, mais sinon ce n’est pas mon problème, c’est le problème des médecins, des infirmiers ». Je trouve que c’est une dimension que vous avez bien mise en avant, ce lien nécessaire avec le patient. Au-delà de la revendication de refinancer le système de santé publique, comment peut-on, selon toi, repenser collectivement la santé, comprise au sens large du terme ?

C. : Déjà, la santé, telle qu’on la définit en tant que soignant.e.s, ce n’est pas le fait d’être malade ; la santé selon l’OMS ce n’est pas la maladie, il y a aussi la notion de prévention. Il ne s’agit pas uniquement de ne pas tomber malade, c’est aussi un état de bien-être constant, et c’est donc effectivement plus vaste que ça. La santé concerne vraiment tout le monde, tout le temps, même quand on est en bonne santé.

Pour repenser la notion de santé il y a une chose que je veux mettre en avant de manière très concrète, et il s’agit là de mes idées personnelles mais qui sont pour la plupart partagées au sein du collectif de la Santé en Lutte. Une des idées phares de la Santé en Lutte c’est plus d’effectifs, mais qu’est-ce que cela implique concrètement ?

En janvier 2020 le KCE (Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé) a publié un rapport indiquant qu’au-delà de 8 patients par infirmier.ère, les risques dans le traitement des patients devenaient non négligeables. Or actuellement en Belgique, dans certains endroits, certains hôpitaux, certaines maisons de repos, on tourne autour de 9 patients par soignant.

Augmenter les effectifs, donc augmenter le nombre des travailleurs.euses, ça veut dire augmenter les moyens qui sont mis dans les engagements des travailleurs.euses et ça veut dire aussi proposer des conditions de travail intéressantes, attrayantes. Non seulement, on réduit les risques chez les patient.e.s, voire les décès, en augmentant la qualité de la prise en charge globale des patients, mais on garantit également un environnement de travail sain pour les soignant.e.s et ainsi on diminue les burn-outs.

Quand on parle de refinancement de la santé, ça veut dire revoir ce ratio-là, qui peut être concrètement défini dans la loi (maximum 5 patient.e.s par infirmier.ère, et réduction du ratio de nuit).  En Norvège, par exemple c‘est déjà le cas, avec 5 patient.e.s par soignant.e. Au-delà des meilleures conditions et de la revalorisation des salaires, repenser la notion de santé est un processus nécessaire et je pense que c’est possible, lorsqu’on envisage les problèmes du secteur de la santé comme directement liés à toutes les autres luttes. Il y a un problème global et il faut qu’il y ait une solidarité, déjà dans le secteur des soins et de la santé, qu’il y ait une solidarité des hôpitaux envers tout ce qui est extra-hospitalier, qu’il y ait une solidarité des médecins envers les infirmiers.ères et les aides-soignant.e.s mais aussi envers le personnel de l’entretien et les agents logistiques. Il est nécessaire que toutes cette personnes-là se rendent compte que cette hiérarchie est néfaste pour le bon fonctionnement des soins de santé. Il s’agit vraiment d’un problème de société, notamment au regard du fait que les métiers de la santé sont essentiellement féminins. Il y a 80% des infirmières en Belgique qui sont des femmes, chez les aides-soignantes elles représentent 91%, dont un nombre important sont issues de l’immigration. Il y a donc cette hiérarchisation, dominée par les hommes blancs : en haut de la pyramide hiérarchique des hôpitaux, on trouve des hommes blancs, plus on descend, plus il y a de femmes et plus souvent elles ne sont pas blanches.

Je souligne qu’il s’agit d’un vrai problème de société parce que les tâches qui sont considérées comme « féminines » sont dévalorisées. Prendre soin des gens, les laver, nettoyer le sol, c’est mal considéré et sous-payé. Au contraire les métiers plus prestigieux et mieux payés sont tenus par des hommes blancs. Il s’agit donc bien de lutter contre les préjugés, lorsque dans 70% des cas en entrant dans la chambre d’une patient une femme est prise pour l’infirmière. Cela arrive aussi a 1,5% d’hommes, et ce sont alors des hommes noirs. La lutte féministe et la lutte antiraciste sont complètement liées. Pour revaloriser le travail des soignant.e.s il faut considérer les femmes autrement, et il faut assurer une plus grande parité dans l’ensemble des professions, pas uniquement chez les médecins. Cette lutte contre les stéréotypes s’amorce depuis l’enfance. Imaginer un concept de soins différent c’est vraiment une lutte active qui inclut de lutter activement contre le racisme, contre l’homophobie et contre la transphobie. Dans le secteur des soins c’est très difficile, car ce sont justement des milieux qui sont très hiérarchisés, où les gens sont peu informés, même les médecins. Il y a encore un grand travail à faire sur l’ouverture à ces sujets-là.

Il faut donc se battre tout le temps, dénoncer et ne plus rien laisser passer ! Il faut témoigner, il faut aussi écouter les témoignages et les mettre en avant. Je pense qu’il faut vraiment étudier le sujet, faire des études scientifiques qui ont de la valeur aux yeux des personnes qui auraient besoin de sources fiables pour changer la donne. Et puis, bien sûr, il faut rejoindre des mouvements de lutte solidaire !