Une explosion fantastique
N’en a pas laissé une brique,
On crut que c’était Fantomas
Mais c’était la lutte des classes


Extrait de la java des bons enfants


Les commentateurs médiatiques et politiques essayent comme à chaque crise d’enterrer la lutte des classes sous les prétextes les plus fallacieux. Aujourd’hui il s’agirait de faire corps derrière le gouvernement et l’État face à la catastrophe sanitaire qui nous guette. Il importe comme toujours de ne jamais remettre en cause les prémices des crise à laquelle nous sommes confrontés. Ici, on pourrait pourtant citer pèle-mèle, le sabotage systématique de nos soins de santé au nom de la marchandisation de ceux-ci, l’industrie agro-alimentaire qui facilite la propagation des épidémies, etc. Ces crises rendent pourtant toujours plus éclatantes l’inéquité du système dans lequel nous vivons, si nous sommes tous sur le même bateau, nous ne voyageons décidément pas dans la même classe.

Aujourd’hui, malgré toutes les incantations de nos dirigeants (politiques, économiques ou médiatiques) la course au profit doit faire face à la résistances des travailleuses et des travailleurs qui refusent d’être sacrifié au nom d’intérêts qui ne sont pas les leurs. Comment cela ne pourrait être pas le cas ? Quand on voit que certains employeurs poussent le vice jusqu’à refuser la distribution de masques aux caissières et caissiers pour éviter d’effrayer les clients. Au delà de ce cas extrême, des témoignages affluent car au nom du profit des patrons, les règles sanitaires essentielles ne sont pas respectées. Et tout ça pourquoi ? Si on prend, toujours le cas du secteur de la distribution, il s’agit d’un des secteurs qui rémunèrent au lance-pierre les travailleurs et travailleuses et où les conditions de travail sont extrêmement dures (précarité, temps partiel, burn-out, maladies professionnelles, etc). Qui voudrait crever pour 1200 euros par mois ?

L’insubordination est en train de gagner ces secteurs méprisés mais qui se révèlent pourtant essentiels à la bonne marche de nos sociétés. Les patrons se plaignent d’un absentéisme grandissant. Au delà du refus du travail, un mouvement de grève est en train de naître au sein de certains Delhaize Bruxellois face à l’incurie patronale et gouvernementale et ce mouvement pourrait bien être une étincelle qui embrasera la colère de tous les subalternes jugés sacrifiables par le système capitaliste.

Face à cette résistance, quelle sera la nature de la contre-offensive patronale ? Si on suit les déclarations de ces derniers jours, on peut voir que plusieurs lignes de force se dégagent :

1) Une mesure pour inciter les travailleuses à ne pas s’absenter sous la forme d’une prime de 1000 euros défiscalisée

2) Une facilitation pour les travailleurs et travailleuses en chômage temporaire qui pourraient se faire employer temporairement dans la grande distribution.via un système élargi de flexi-jobs

3) COMEOS (la fédération patronale du secteur) plaide pour la fin du quotas des heures étudiantes pour pouvoir profiter de la fermeture des écoles et des universités.

Quelles analyses faire de tout cela ? Tout d’abord au vu de la prime qu’est prête à lâcher le gouvernement, qu’au vu des profits que sont en train d’engranger par ce secteur, patrons et ministres sont fébriles à l’idée de voir les grèves et l’insubordination tarir les sources de profit. Ils sont prêt à de petites concessions. Cependant, on voit que ce qu’ils donnent d’une main, ils veulent le reprendre d’une autre. En inondant le marché du travail avec des travailleuses et travailleurs à faible côut (que ce soit le système flexi-job ou les contrat étudiants les cotisations sociales sont presque nulles), ils vont déstabiliser la position de force que vient de créer la situation sanitaire pour les travailleurs et travailleuses de la distribution. De plus, il est plus que sûr que ces mesures d’ « urgence » ne seront pas levées après la crise, déstructurant et précarisant encore plus ce secteur.

Alors que la crise s’aggrave non seulement sur le plan sanitaire mais aussi et surtout sur le plan social, politique et économique, les contradictions de longue date du néolibéralisme se manifestent avec une violence renouvelée. Ce que nous voyons maintenant en observant la grande distribution, capture un de moment, une partie interdépendante et interconnectée avec la totalité du capitalisme. D’où non seulement l’urgence de repenser immédiatement les stratégies et les moyens qui permettent de soustraire les travailleurs au choix entre leur santé et leurs salaires (revenu de confinement, suspension des loyers, etc.) mais aussi la nécessité de ne plus remettre à plus tard une réflexion et une pratique organique d’une alternative, au sens antagoniste, au néolibéralisme