Avec la déclaration de la phase deux « avancée » du gouvernement fédéral, nous plongeons  dans  une crise sanitaire gérée par l’État centaure néolibéral. Une première conséquence directe est la manière dont les étudiant·e·s précaires vont être impacté·e·s par la crise sanitaire avec la fermeture de la plupart des restaurants et bars (qui emploient 140 000 étudiant·e·s en Belgique au dernier trimestre 1).

Le statut étudiant en vigueur en Belgique permet aux patrons de disposer d’une main d’œuvre peu chère. Les patrons sont en effet dispensés de toute cotisation sociale, qu’eux considèrent comme des « charges ». Cela exclut les jobistes étudiant-e-s des droits liés à la sécurité sociale comme : les droits au chômage, à la pension ou, dans une certaine mesure, aux congés maladie. Dans la présente situation ces 140 000 étudiant·e·s vont être privé·e·s de tout revenu. Cela est d’autant plus scandaleux étant donné les loyers faramineux demandés par les propriétaires de kots étudiants.

Cette situation met en lumière toute la duplicité des mesures de mise au travail des étudiant·e·s, sous forme d’un statut étudiant bradé aux intérêts patronaux. Cette situation de crise n’est pas une fatalité et permet de remettre en avant les revendications pour un salaire étudiant développé depuis quelques années par l’Union syndicale étudiante : il s’agirait de considérer les étudiant·e·s non plus comme des travailleur·se·s  en formation mais comme des travailleur·se·s actuel·le·s, qui produisent de la valeur et qui devraient avoir droit à une rémunération et à la protection sociale. Cette revendication s’applique bien évidemment aux étudiant·e·s stagiaires. Parmi ceux-ci et celles-ci, certain·e·s sont en première ligne dans la lutte contre la propagation du virus et la gestion sociale de la crise : les infirmières, les aides-soignantes, les assistantes sociales, etc. Filières qui sont, pour rappel, majoritairement féminisées et dévalorisées…

Avec cette nouvelle crise, le système révèle sa faillite dans sa capacité à assurer les besoins des classes subalternes. Cette pandémie ne signifie pas la fin de la lutte des classes sous une quelconque union nationale sanitaire. Si nous nous laissons faire, la classe patronale va nous faire payer les coûts de cette nouvelle crise. Il n’en n’est pas question, c’est aux patrons de payer et si la classe politique n’est pas capable de gérer cette crise, nous devons la remplacer.

Par l’auto-organisation, nous pouvons trouver des manières de construire une solidarité par en bas !

  1. Statistique de l’ONSS