Compte-rendu de la grèves des aides-ménagères du 28/11

Ce matin, un millier de travailleuses dans les titres-services étaient en grève et ont mené des actions en front commun à Bruxelles. Le secteur des titres-services est majoritairement féminin et emploie environ 140.000 aides-ménagères. Parmi ces travailleuses, beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté, dans des familles monoparentales et ne gagnent en moyenne que 11,50€ brut de l’heure pour un métier dont la pénibilité est pourtant évidente… 

Le rendez-vous était donné à 10h à la Gare du Nord pour un premier rassemblement et des discours. Des navettes ont ensuite emmené les manifestant-e-s, venu-e-s des trois coins du pays, au siège social du Randstad Group, la société qui gère Tempo-Team Titres-Services pour un deuxième rassemblement. 

Une réunion a eu lieu entre représentant-e-s syndicaux/les alors que les manifestantes et leurs soutiens faisaient du bruit devant le bâtiment pour rappeler leur principale revendication : un salaire décent. En effet, les travailleuses réclament une augmentation de 1,1 % des salaires bruts, comme prévu dans l’accord interprofessionnel mais les employeurs refusent sous prétexte qu’il n’y aurait pas assez d’argent… Ils renvoient ainsi la balle aux autorités, dont dépend le secteur des titres-services, en rappelant que les subsides n’ont pas augmenté depuis plusieurs années.

Un tract de la FGTB Titres-Services rappelle que de l’argent, il y en a et que les marges des plus grosses entreprises se portent très bien. A titre d’exemple, l’entreprise « Plus Home Services », employant 4603 travailleurs et travailleuses, fait 3.922.623€ de bénéfices et « Tempo-Team at home », avec ses 2369 travailleurs et travailleuses, a une marge de 1.221.767€ et 35.778.000€ de réserves… 

Dernier arrêt : Tours et Taxis, devant les bureaux de Federgon, la fédération patronale des prestataires de services en matières de ressources humaines, et donc entre autres, du secteur des titres-services. 

Les délégations syndicales ont été accueillies par le directeur général, Herwig Muyldermans, pendant que les manifestant-e-s faisaient une pause déjeuner au chaud dans le bâtiment de Tours et Taxis. Ce lieu, accueillant divers restaurants healthy, start-ups et bureaux d’entreprises, ainsi que des expositions artistiques et culturelles, a été envahi et réapproprié par des femmes qu’on ne voit pas souvent dans l’espace public. Leurs horaires, lieux et conditions de travail les met à l’écart de la société et contribue à leur invisibilisation, alors même que la société capitaliste dépend de leur travail pour fonctionner correctement. Un travail toujours plus dévalorisé, sur lequel le capital s’enrichit, mais dont la revalorisation se révèle compliquée au niveau syndical, tant les travailleuses sont isolées. Aujourd’hui, elles étaient visibles, combatives et motivées. La mobilisation était clairement une victoire. Reste à voir si les négociations vont reprendre et aboutir… 

Pour mieux comprendre le fonctionnement du secteur et ses implications sociales : http://inegalites.be/Titres-services-la-precarite?fbclid=IwAR0u5RLJEB32CNhFN21QptDhGZyO4BcYD_zfpzxeDAxtnD-mLdAj0lXXZQ4