La lutte se poursuit dans les soins de santé – 24/10/2019

Ce jeudi 24 octobre s’est déroulé une mobilisation des soins de santé à l’échelle nationale. Celle-ci prend racine dans l’assaut généralisé des politiques néo-libérales contre les services publics. Cela fait longtemps que la colère monte dans ce secteur avec un personnel soignant et non-soignant toujours plus contraint à réaliser l’impossible pour maintenir la viabilité de nos services de santé et de soin. C’est dans ce contexte qu’a émergé depuis le mois de juin, le « mardi des blouses blanches », un mouvement d’arrêt de travail hebdomadaire. Celui-ci qui dure depuis plusieurs mois démontre par son ampleur le malaise et la rage qui couvaient chez le personnel.

Différents obstacles posés à la mobilisation

Ces arrêts de travail ont d’abord et davantage été suivis dans le secteur public (le réseau IRIS), et l’hôpital Brugmann en est l’un des bastions. Cette mobilisation plus importante dans le secteur public peut être expliquée par des facteurs structurels (des contrats plus protégés que dans le privé, limitant les risques de sanctions), mais aussi par le travail quotidien de syndicalisme de base fourni par les délégations syndicales. Cette mobilisation contrastée représentait un danger pour le développement et l’élargissement de la contestation, les secteurs plus mobilisés risquant de se faire isoler.

Un autre obstacle a été l’attitude ambiguë des directions hospitalières vis-à-vis du mouvement. Dans un premier temps, celles-ci ont adopté une position paternaliste, “applaudissant” la mobilisation dans les médias. Ils pouvaient espérer tirer de ce positionnement un moyen de pression pour des budgets supplémentaires, non pas dans le but d’alléger la charge de travail du personnel hospitalier, mais bien pour leur compétitivité.

Un récent retournement de situation

Cependant, les quelques concessions obtenues cet été de la part de l’Etat par les syndicats ont finalement été refusées par plusieurs directions hospitalières, clarifiant leur position d’ennemi du mouvement. Cette duplicité révélée des directions a été l’élément suffisant pour que le secteur privé se jette à son tour dans la bataille. Ces deux changements apportés à la situation modifient les données de la lutte.

La reprise actuelle de la mobilisation illustre ce changement de différentes façons. Dans le cadre de la journée d’action de ce 24 octobre, le piquet organisé sur le site de l’hôpital Saint-Anne du CHIREC a, en plus d’imposer la grève dans le réseau privé, également donné lieu à des tensions avec la direction. Celle-ci a en effet tenté d’ouvrir des portes dérobées pour que les travailleurs et travailleuses non-grévistes puissent contourner les piquets filtrants. Cette montée en intensité et conflictualité de la mobilisation se reflète également par une agitation grandissante dans les écoles d’infirmier.e, avec la création du collectif «Les Etudiant.e.s Infis en ARCA» qui est à l’initiative du rassemblement “Mardi des blouses blanches De Block” avec le soutien de La santé en lutte.

On voit que des pans entiers du secteur rentrent aujourd’hui dans la lutte, et que celle-ci semble sortir de certains pièges tendus par le gouvernement et le patronat. Les soins de santé vont-ils être l’étincelle qui ravivera le brasier contestataire de l’année dernière, alors que les acteurs institutionnels sont dans l’attente d’un gouvernement? En tout cas, l’agenda pour les prochaines semaines est chargé :

● 25/10 Meeting + Soirée de soutien !
● 29/10 Mardi des blouses blanches De Block
● 05/11 Grève de l’équipe du nettoyage de Brugmann schoonmaakteam staking – 10am
● 07/11 Apéro-Expo : Paroles de soignant.E.s en lutte
● 08/11 2ieme Assemblée Générale – 2de Algemene Vergadering