Le salaire au travail ménager : de l’intérêt de déterrer un combat oublié

[ Cet article est une contribution externe à la rédaction d’Anker Mag ]

 Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes ?

Le 29 avril 2019, un article de la VRT est titré : « Un enfant sur neuf grandit en Belgique dans une famille où personne ne travaille »[1]. Sans devoir lire l’article, nous faisons l’hypothèse que dans ces familles-là, probablement hétéroparentales, il y a au moins une personne qui se charge de s’occuper dudit enfant, de le nourrir, le vêtir, l’envoyer à l’école… Bref, de s’assurer de sa survie. Cette même personne ferait aussi à manger pour les autres membres du ménage, souvent le partenaire, puis ferait la vaisselle avant de s’attaquer au linge sale et aux appels quotidiens à la grand-mère malade et l’amie en détresse. Nous pouvons affirmer que cette personne-là, dans la grande majorité des cas, est une femme. Par ailleurs, faisons l’hypothèse que dans une famille aisée où tout le monde « travaille », certaines des activités décrites plus haut sont reléguées à une femme qui est payée pour les réaliser. Le salaire semble être la seule chose qui distingue les « activités » de l’une du « travail » de l’autre.

C’est dans les années 70 que cette distinction a été le plus fortement attaquée, des féministes postulant que les activités domestiques et de soin, réalisées en grande majorité par des femmes, constituent du travail qui est invisible, privé et gratuit (Robert, Toupin, 2018 : 35). Les membres du Collectif Féministe International (CFI) ont tenté de lutter contre cette assignation genrée du travail domestique en revendiquant un salaire au travail ménager. Elles lancent leur campagne pour un salaire ménager en 1972. La campagne dure 5 ans avant de tomber aux oubliettes. Pourquoi en reparler aujourd’hui ? Louise Toupin, chercheuse québecoise, estime que c’est un « devoir de mémoire » (Toupin, 2016 : 180) que de retracer l’histoire de cette revendication et « tirer de l’oubli cet héritage intellectuel féministe que constitue le mouvement du « salaire au travail ménager » » (ibid : 180) Ses recherches ont abouti à l’écriture d’un ouvrage intitulé « Le Salaire au travail ménager. Chronique d’une lutte féministe internationale (1972-1977) » (Toupin, 2014).

Pour notre part, nous tenterons de synthétiser certains débats féministes et de mettre en évidence l’intérêt du combat pour un salaire ménager : autant dans les milieux féministes que dans les milieux académiques, autant hier qu’aujourd’hui, afin de montrer que les familles « où personne ne travaille » n’existent pas. Pour ce faire, nous passerons en revue deux conceptualisations du travail domestique, celle du féminisme marxiste et celle du féminisme matérialiste, afin d’en dégager les principaux points de convergence et de divergence ainsi que les diverses réponses apportées au même problème. Nous nous attarderons ensuite sur la revendication d’un salaire ménager : sa genèse, les critiques qu’elle a suscitées et son intérêt stratégique. Enfin, nous tenterons de montrer les apports de ces perspectives féministes au milieu académique, et vice-versa, avant de nous focaliser sur des luttes actuelles qui s’inspirent, actualisent et déclinent des luttes passées.

Explicitations théoriques : définir le travail domestique

Les années 70 sont marquées par l’émergence du féminisme de la deuxième vague. Celui-ci lutte pour faire reconnaître que le privé est politique (« The personal is political »). Ainsi, les questions qui étaient reléguées à la sphère privée ont été apportées sur la place publique et débattues par les féministes qui se rendent vite compte que, même dans leur intimité, les femmes vivent des expériences similaires, expériences qui peuvent constituer des enjeux de lutte. Les grandes tendances de ce féminisme pourraient être qualifiées comme étant de gauche ; il s’agit du féminisme marxiste et du féminisme matérialiste. Les féministes de ce courant ont élaboré des théories « avec et contre Marx » (Bidet-Mordrel, Galerand & Kergoat, 2016 :8) pour tenter d’élucider les rapports sociaux de genre. Parmi ces rapports sociaux, on retrouve la division sexuée du travail domestique. Comment ces deux courants du féminisme ont-ils conceptualisé ces rapports-là et comment ont-ils envisagé de les solutionner ?  Nous résumerons brièvement ces deux courants, le travail de synthèse nécessaire à une compréhension plus approfondie ayant déjà été effectué par de nombreux ouvrages et auteures vers lesquels nous renverrons au cours de ce travail. Nous renvoyons notamment vers le premier chapitre de l’ouvrage de Maud Simonet, sociologue française, « Travail Gratuit : la nouvelle exploitation » (2018 : 17-48) et l’article de Camille Robert, historienne québécoise, « Le salaire au travail ménager : Réflexion critique sur une lutte oubliée » (2014) qui résument bien les deux courants[2] exposés ici et leur théorisation du travail ménager.

Commençons par un constat universellement partagé et appuyé par des chiffres: les femmes assument la majorité du travail domestique et de soin, qu’elles aient un emploi rémunéré en parallèle ou pas[3]. Elles le font parce que c’est ce qui est attendu d’elles, parce qu’elles ont été socialisées et/ou contraintes à le faire[4]. Ce travail domestique, qui représente parfois un nombre colossal d’heures, est gratuit. Ce nombre est d’autant plus important quand il est couplé à une activité rémunérée. On parle alors de double journée de travail (Delphy, 2015 : 22).

Selon les marxistes orthodoxes, les femmes au foyer ne sont pas des travailleuses au même titre que les travailleurs·ses dans les usines. Leur absence dans le marché du travail les épargnerait de l’exploitation capitaliste ; bien qu’il soit reconnu qu’elles jouent un rôle dans la reproduction de la force de travail. Les féministes marxistes viennent compléter cette analyse lacunaire en montrant que « l’exploitation des femmes joue un rôle central dans le processus d’accumulation capitaliste dans la mesure où « les femmes produisent et reproduisent la marchandise capitaliste la plus essentielle : la force de travail » » (Simonet, 2018 : 30). Les femmes seraient donc des travailleuses non salariées, exploitées par la population masculine salariée, toutes les deux exploitées à leur tour par le capitalisme. L’Etat, en tant que représentant du Capital et donc principalement du patronat, ferait des économies sur le dos des femmes en ne payant pas ce travail de reproduction. Comme l’Etat est le principal bénéficiaire de ce travail, ce serait à lui de le rémunérer : voici l’idée de base qui nourrit la réflexion pour un salaire au travail ménager.

Le féminisme matérialiste ou le matérialisme radical est un courant marxien souvent associé à Christine Delphy, sociologue française. Le féminisme matérialiste perçoit les rapports de genre comme des rapports de domination : la domination d’une classe, celle des hommes, sur une autre classe, celles des femmes, à l’instar de la stratification sociale conçue par Marx (Delphy, 2015 : 54). Le patriarcat existerait indépendamment du capitalisme étant donné que « le mode de production domestique et le mode de production capitaliste sont deux modes d’exploitations différents, autonomes » (Simonet, 2018 : 37).  Ce travail qui est approprié dans le mode de production domestique est le travail domestique, au sens large du terme, ainsi que le travail paraprofessionnel (ibid : 53).

Comment résoudre alors ce partage inégal du travail ? Delphy propose de faire payer les hommes qui seraient les premiers à profiter du travail gratuit des femmes. Elle reconnaît toutefois que la complexité du problème[5] mis en évidence fait qu’il n’y a pas de solution miracle pour se débarrasser de ce partage inégal, si ce n’est de détruire le patriarcat… Elle propose en attendant d’agir sur les politiques publiques : « le système de protection sociale (assurance maladie et retraite), le système de fiscalité, et l’ensemble des prestations sociales, qui doivent être analysées et corrigés du point de vue de leur rôle dans le maintien du patriarcat. » (ibid : 59). Corrigés comment ?[6]. En mettant « en place un système par lequel les hommes qui ne feront pas leur part seront pénalisés financièrement » (ibid : 62).

Un des principaux points d’accord entre les deux analyses résumées ci-dessus est la reconnaissance et la mise en lumière d’un travail exploité, irrégulier et non rémunéré. Leurs théories supposent un élargissement de la classe des travailleurs et des travailleuses et donc un potentiel accroissement de sa capacité d’agir. Par contre, l’adversaire identifié comme responsable de cette exploitation n’est pas le même : l’Etat pour les marxistes, les hommes en tant que membres d’une même classe pour les matérialistes. Un autre point de discorde concerne la conceptualisation des liens entretenus entre le capitalisme et le patriarcat : pour les marxistes, le patriarcat sert les intérêts du capitalisme, qui dépendrait du patriarcat pour continuer d’exister ; pour les matérialistes, le patriarcat et le capitalisme sont deux systèmes distincts mais qui peuvent se renforcer mutuellement.

Nous avons donc mis en lumière deux avenues de solution pour un même problème : les réformes gouvernementales et le salaire ménager ; mais il en existe bien d’autres[7]. Il nous semble néanmoins clair que la voie privilégiée pendant longtemps, qui consistait à résoudre le problème de l’assignation des femmes au foyer par leur entrée dans le marché du travail classique, n’a pas été fructueuse. Cette solution, partielle et partiale, a entraîné deux phénomènes pervers : une augmentation conséquente du temps de travail des femmes les plus précaires, sous la forme d’une double journée de travail, et une relégation du travail domestique à des femmes issues du tiers-monde, par les femmes les plus aisées. L’autre solution préconisée est celle de la « répartition des tâches » au sein du couple, solution qui ne fait que privatiser un problème d’ordre public, qu’il est tenté de négocier de manière isolée.

Cela nous amène à analyser de plus près la revendication d’un salaire au travail ménager, qui visait, dans une perspective internationaliste, à corriger le problème de la division genrée et internationale du travail domestique au lieu de l’externaliser, et à unir les femmes dans une lutte commune pour leur émancipation.

De la théorie à la pratique : un salaire pour toutes les unir ?

« Tout commence en juillet 1972, à Padoue en Italie. Mariarosa Dalla Costa, une militante politique enseignant à l’Université de Padoue, organise une rencontre où elle soumet à une vingtaine d’autres militantes un texte pour discussion. Ce texte, Donne e soversione sociale (Les femmes et la subversion sociale), allait être la bougie d’allumage de la fondation du Collectif féministe international (1972-1977), lequel mènera à la formation du mouvement international du salaire au travail ménager » [8]

Qu’est-ce qui a poussé les militantes du CFI à revendiquer un salaire ménager ? Nous passerons en revue les principaux arguments tirés des textes de Federici (1975) et de Cox et Federici (1975).

Tout d’abord, un salaire permettrait la reconnaissance d’un rapport de subordination et donc permettrait d’agir contre ce rapport (Federici, 1975 : 2). Il constituerait donc un levier de pouvoir. Rappelons que le contrat de travail est une victoire importante du mouvement ouvrier puisqu’il permet d’officialiser un rapport de subordination pour ensuite pouvoir mieux le réguler. Par ailleurs, l’objectif de cette campagne est principalement de dénaturaliser le travail domestique : s’il est salarié alors il n’est plus une vocation propre aux femmes, mais un métier comme un autre (ibid : 4). La valorisation du travail domestique permettrait également de revaloriser les métiers « féminins » qui sont une extension du travail domestique dans le marché du travail classique. Il serait ainsi dans l’intérêt de toutes les femmes de lutter pour un salaire ménager (Cox & Federici, 1975 : 7).

Cette campagne a suscité beaucoup de critiques[9]. La principale critique a été celle de l’institutionnalisation par un salaire de la place des femmes dans les foyers. Les féministes marxistes répondront que les femmes sont déjà institutionnalisées au foyer de par leur position de dépendance financière vis-à-vis de leur mari et que l’idée n’est pas d’avoir un salaire à la ménagère ou à l’épouse, mais un salaire au travail ménager versé à toute personne qui l’accomplirait.

C’était il y a plus de 40 ans ; le temps de prendre du recul et de revenir sur certaines décisions stratégiques.  En 2014, Federici précise dans un entretien[10] que la visibilité et la revalorisation du travail domestique était une des fonctions principales de la campagne : « montrer qu’il s’agissait d’un travail central et essentiel, et non d’un simple service personnel dédié aux hommes et aux enfants ». Elle ajoute que la revendication n’a jamais été pensée « comme une fin en soi, mais plutôt comme un point d’appui pour renverser le rapport de force entre les hommes et les femmes, et entre les femmes et le capital. » En somme, la campagne s’apparentait plus à une stratégie politique révolutionnaire qu’à une revendication programmatique.

Ce que la science doit aux femmes : les apports du féminisme au milieu académique

Un des principaux apports des luttes autour du travail domestique a été de visibiliser le travail des femmes. Nous pouvons stipuler que ces luttes ont poussé les chercheur·e·s à faire des enquêtes et produire des chiffres pour prouver ce qu’avançaient les féministes. Avec ces chiffres en main, les féministes avaient encore plus de légitimité et pouvaient avoir une meilleure compréhension de leur situation, mais surtout une meilleure idée de l’immense majorité des femmes qui partagent leur situation. Ce rapport dialectique a été analysé dans un article de Gaucher et al. (2002) où les auteuresmontrent à quel point le mouvement féministe des années 70 a permis d’élargir le champ d’étude de la sociologie de la santé en visibilisant des réalités jusque-là ignorées car elles ne concernaient que les femmes. De même, Elsa Galerand et Danièle Kergaot (2014) montrent comment les théorisations féministes, et plus précisément matérialistes, du travail domestique ont permis de compléter et de faire avancer la sociologie du travail « assise sur le dogme de l’unicité du capitalisme comme seul et unique rapport de production » (ibid : 27).

Enfin, évoquons un exemple que nous avons cité à plusieurs reprises dans ce travail : l’ouvrage de Simonet « Travail gratuit : la nouvelle exploitation ? » (2018). Cet ouvrage dresse un état des lieux des différentes formes de travail gratuit qui existent aujourd’hui : du bénévolat au service civique en passant par le « digital labor » et des questions qu’elles posent en termes d’exploitation. Elle explique dans le premier chapitre (ibid : 17-48) que c’est grâce aux débats des féministes dans les années 70 que nous pouvons porter un regard critique sur les nouvelles formes d’exploitation aujourd’hui. Elle montre également que « l’analyse féministe du travail domestique fait donc saillir la frontière entre travail et hors travail, la dénaturalise et en pointe la dimension d’emblée politique » (ibid : 19). Cette frontière qui, comme le montre Simonet dans son ouvrage, se fragilise de plus en plus et pousse à poser, à nouveau, la question de la rémunération. Si nous pouvons dire que les femmes au foyer travaillent, alors nous sommes obligé·es d’étendre la réflexion à d’autres domaines. Les bénévoles de la Croix-Rouge et les pompiers volontaires sont des exemples qui peuvent paraitre évidents. Mais qu’en est-il des stagiaires, des étudiant·e·s, des chômeurs·euses et des retraité·e·s ?

Retour de la question de la gratuité : quelles perspectives aujourd’hui ?

Nous constatons un regain d’intérêt pour le travail de reproduction dans les milieux féministes et comme nous l’avons vu plus haut, pour le travail gratuit en général. Pour Dayna Tortorici, co-éditrice du journal littéraire n+1, ce serait dû à une conscientisation de plus en plus forte de la non-reconnaissance de leur travail : « Young people in the West who have spent their formative years in the workforce as freelancers, part-timers, adjuncts, unwaged workers and interns are beginning to feel (…) that they’re not being compensated for the work that they do».[11]

La question du travail gratuit se pose notamment dans les mouvements étudiants actuels. «Ras-le-bol d’être bénévole ! » : voici le slogan des CUTE, les Comités Unitaires sur le Travail Etudiant, qui lancent leur campagne pour la rémunération de tous les stages étudiants en automne 2015. Les militant·e·s des CUTE défendent que « le travail effectué par les stagiaires des domaines traditionnellement féminins constitue plutôt un travail de reproduction de la main-d’œuvre (force de travail) non reconnu formellement, car impayé »[12]. Les CUTE, en s’inspirant du combat au salaire ménager[13], tentent ainsi de politiser le travail étudiant via son aspect le plus visible, les stages. Ils et elles estiment que c’est à travers la rémunération des stages et, plus globalement, par un salaire étudiant que les étudiant·e·s peuvent avoir « une réelle emprise sur leurs conditions d’études ». Le salaire étudiant n’est pourtant pas une lutte récente[14] mais celle-ci est vite tombée aux oubliettes avant d’être ressuscitée en 2015 au Québec, et puis en Europe suite à un appel européen lancé par des syndicats étudiants en Belgique, France et Suisse en  novembre 2018[15] 

Pour revenir aux luttes féministes, les nombreuses grèves des femmes partout dans le monde[16] témoignent d’une re-politisation de la question de la reproduction. Regardons de plus près la grève des femmes du 8 mars 2019 en Belgique, appelée par le « Collecti.e.f 8 maars ». Cette grève avait pour but de montrer que « quand les femmes s’arrêtent, tout s’arrête » et était à ce titre une grève à 4 niveaux : du travail salarié, de la consommation, du travail domestique et du travail étudiant. Parmi les revendications[17], nous retrouvons la revalorisation des métiers féminisés, la rémunération des stages et la reconnaissance du travail reproductif gratuit. La nature de cette reconnaissance n’est cependant pas spécifiée. En Italie, le mouvement Non Una Di Meno revendique un revenu d’autonomie « pour sortir des relations violentes, pour résister au chantage de la précarité ».[18]  Ce revenu est considéré « comme un outil pour libérer les femmes d’un état « victimaire» et de dépendance ; et pour libérer toutes et tous des chantages de l’exploitation ; du travail en tant que tel ; de la précarité. »[19]

Ainsi, nous avons montré que les débats et les luttes des féministes dans les années 70 ont permis de nourrir des réflexions actuelles, autant dans le milieu de la recherche que dans les milieux féministes. L’enjeu du travail gratuit, nous l’avons vu, dépasse les sphères féministes, même s’il en découle car bien que le travail gratuit auquel sont cantonnées les femmes semble être un des verrous majeurs sans lequel le capitalisme pourrait tenir debout, il permet aussi d’attirer l’œil vers toutes les formes de travail non-reconnu, et pose la question d’une redéfinition de ce que l’on appelle ordinairement le « travail ». En effet, si nous nous accordons sur une redéfinition du travail qui sortirait des bornes définies par le capitalisme, nous pourrons dire que quasiment toute la population travaille. Que faire alors quand ces personnes-là se rendent compte de leur exploitation ? Pour Bernard Friot, la solution serait de salarier toute cette population, à travers un salaire à vie[20], une revendication qui pourrait soit en noyer tant d’autres, soit réussir à toutes les fédérer…

Mona M.

Bibliographie

BIDEET-MORDREE, Annie, Elsa GALERAND, et Danièle KERGOAT. « Analyse critique et féminismes matérialistes. Travail, sexualité(s), culture », Cahiers du Genre, vol. hs 4, no. 3, 2016, pp. 5-27.

DELPHY Christine, « Pour une théorie générale de l’exploitation. Des différentes formes d’extorsion de travail aujourd’hui », 2015, Editions Syllepse, M. Editeur, 116 p.

FEDERICI, Silvia, Wages Against Housework, 1975

FEDERICI, Cox,  Counter-Planning from the Kitchen: Wages for Housework—A Perspective on Capital and the Left, New York Wages for Housework Committee & Falling Wall Press, 1975

Elsa GALERAND et Danièle KERGOAT, « Les apports de la sociologie du genre à la critique du travail », La nouvelle revue du travail, 2014

GAUCHER Dominique, LAURENDEAU France, TROTTIER Louise-Hélène, « Parler de la vie : l’apport des femmes à la sociologie de la santé », Sociologie et sociétés, 1981, p.139-152.

ROBERT Camille, TOUPIN Louise, « Travail invisible. Portraits d’une lutte féministe inachevée », 2018, Editions du remue-ménage, 194 p.

SIMONET Maud, « Travail gratuit : la nouvelle exploitation ? »,2018, éditions Textuel, 152 p.

TOUPIN, Louise, « Le Salaire au travail ménager, 1972-1977 : Retour sur un courant féministe évanoui », Recherches féministes, 2016, vol. 29, n°1. P. 179-198


[1] « Un enfant sur neuf grandit en Belgique dans une famille où personne ne travaille », VRT News, 29 avril 2019 :https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2019/04/29/1-enfant-sur-neuf-grandit-en-belgique-dans-une-famille-ou-person/?fbclid=IwAR3Ea9jEYqv-wsqSyhXgvK6qLYTE6Mn9N_RQGckp8qVbJgCl-YfPl3UzXSA

[2] Il en existe d’autres, dont notamment celui du black feminism qui rappelle que l’expérience du travail domestique n’est pas universelle. Ce courant est également abordé dans l’ouvrage de Simonet.

[3] “Tâches ménagères : les hommes belges en font de moins en moins”, Le Soir, 26/02/2018 : https://plus.lesoir.be/142242/article/2018-02-26/taches-menageres-les-hommes-belges-en-font-de-moins-en-moins

[4]The difference lies in the fact that not only has housework been imposed on women, but it has been transformed into a natural attribute of our female physique and personality, an internal need, an aspiration, supposedly coming from the depth of our female character.” Federici, Wages Against Housework, 1972 : 2

[5] « Plus on étudie un phénomène et plus on en saisit le caractère complexe, moins, d’une façon qui n’est qu’apparemment paradoxale, on se sent en mesure de dire quelles seraient les actions susceptibles d’y mettre fin », Delphy, 2015, p. 54

[6] Pour voir le détail de ses propositions : Delphy, 2015, p. 60 à 63

[7] Nous renvoyons vers le premier chapitre d’un ouvrage collectif dirigé par Camille Robert et Louise Toupin Travail invisible. Portraits d’une lutte féministe inachevée. ; p.38-42

[8] Louise Toupin, « Les luttes des CUTE sont filles du mouvement au salaire ménager », CUTE Magazine, Revue d’organisation des Comités Unitaires sur le Travail Etudiant, 5, 2019. Lire en ligne : https://dissident.es/les-luttes-des-cute-sont-filles-du-mouvement-du-salaire-au-travail-menager/?fbclid=IwAR1xYXuZuL65tPaz8SL1Tn6PgO9WswkfSpwv8FQ_-zsw4qfWtBIHWtT6wEU

[9] Pour un aperçu des critiques, anciennes et actuelles, voir : Cox, Federici, « Counter-planning from the kitchen », 1975 ; Robert

[10] « Aux origines du capitalisme patriarcal : entretien avec Silvia Federici », Contretemps, 2 mars 2014 : http://www.contretemps.eu/origines-capitalisme-patriarcal-entretien-silvia-federici/

[11] Tortorici, « More Smiles ? More Money », n+1, Automne 2013 : https://nplusonemag.com/issue-17/reviews/more-smiles-more-money

[12] « La grève des stages est une grève des femmes » http://francoisestereo.com/greve-stages-greve-femmes/?fbclid=IwAR2qUfhNl5xS4rqCeKpN6_w0jvO5MQ6PuOBgvR9wN7dAJ5zNhZAty12dvzY

[13]Toupin, «Les luttes des CUTE sont filles du mouvement au salaire ménager », Revue Dissident.es, 27 janvier 2019 :  https://dissident.es/les-luttes-des-cute-sont-filles-du-mouvement-du-salaire-au-travail-menager/?fbclid=IwAR1xYXuZuL65tPaz8SL1Tn6PgO9WswkfSpwv8FQ_-zsw4qfWtBIHWtT6wEU

[14] Voir Aurélien Casta, « Un salaire étudiant : Financement et démocratisation des études », La Dispute, 2017

[15] Voir l’appel européen pour un salaire étudiant:  https://www.salaire-etudiant.org/

[16] « Comment s’est tissé l’appel à la Grève Internationale de Femmes ? », Contretemps, Revue de Critique Communiste, 7 mars 2017 :  https://www.contretemps.eu/greve-internationale-femmes/

[17] Pour voir le détail des revendications : https://drive.google.com/file/d/1AcijB_Pez49gXbummEIYi76llRLEgGdL/view

[18] « « Non Una di Meno » : les féministes italiennes vers la grève transnationale du 8 mars », Contretemps, Revue de Critique Communiste, 27 février 2017 : https://www.contretemps.eu/greve-transnationale-femmes-8-mars/#_ftnref7

[19] Citation traduite d’un article de la revue communiste « il manifesto », paru le 24 novembre 2018 :  https://ilmanifesto.it/non-una-di-meno-ce-solo-un-reddito-quello-di-autodeterminazione/?fbclid=IwAR3i7Wb5iGKd2_r94utkl7Dd2XVgJnpdE7z_n4FpiR-29bmsN1rA-7T0hxg

[20] https://www.pointculture.be/magazine/articles/focus/salaire-vie/