Traitement des violences machistes dans les espaces de politique : pourquoi nous avons droit au débat

[Note de la rédaction : Le projet d’Anker-mag en plus d’être un site web qui suit l’actualité des luttes sociales à Bruxelles par le biais d’interviews, de reportages ou d’enquêtes, se veut être également un lieu de débats entre les différentes composantes du mouvement militant.

C’est dans ce cadre que nous publions, cette première contribution externe à la rédaction, qui nous espérons en appellera d’autres.

Nous croyons que du débat théorique ou stratégique entre actrices ou acteurs des luttes peuvent émerger de nouvelles pensées qui pourront servir à l’élargissement et l’approfondissement des luttes sur le territoire de la métropole Bruxelloise. Les positions défendues dans cet article ne reflètent donc pas forcément l’opinion de l’ensemble de la rédaction.]

Traitement des violences machistes dans les espaces de politique (1) : pourquoi nous avons droit au débat

Bruxelles, juillet 2019

Militantes féministes dans des milieux autogestionnaires, nous sommes spectatrices et actrices des réponses apportées par nos groupes aux cas de violences machistes (2). Face à la dépolitisation croissante de ces enjeux, rendant ces questions délicates à aborder même en mixité choisie (3), nous plaidons ici pour un droit à débattre collectivement de nos mécanismes de défense. 

Nous exposerons dans un premier temps les effets pervers du dogmatisme et des politiques de l’identité sur nos luttes, avant d’aborder les limites de la notion d’espace safe. Nous montrerons ensuite en quoi ces questions ont des implications philosophiques qui dépassent le cadre de cet article, pour finalement apporter des pistes de solutions.

Comment le dogmatisme et les politiques de l’identité dépolitisent nos luttes

L’heure est plus que jamais à la dénonciation des violences machistes, et ce dans de nombreux milieux. Dans les milieux autogestionnaires, nous avons la possibilité de décider directement des conséquences de ces plaintes sur notre façon de nous organiser, contrairement à des situations où l’on doit compter sur la pression exercée par les témoignages portés publiquement sur des personnes concentrant un certain pouvoir, comme par exemple celui de licencier ou boycotter l’agresseur (voir affaire #MeToo). Les réponses apportées par les groupes autogestionnaires en prévention ou suite à ces plaintes sont presque aussi diverses que ceux-ci, voire davantage puisque tous ne font pas le choix d’appliquer des procédures systématisées mais bien celui de réagir au cas par cas. Il n’existe pas de réaction juste et universelle face à ces attaques.

C’est pourtant ce que prétend le courant intersectionnel tel qu’il se joue sur les réseaux sociaux, soutenu par une part croissante des féministes et qui commence à avoir des répercussions sur la tenue de débats dans la “vie réelle”. Il existerait ainsi une ligne acceptable du féminisme: trans-inclusive, pro-travail du sexe, intersectionnelle. Nous ne remettons pas en question ici ces positionnements, mais bien leur édification en dogme. Celle-ci a en effet pour conséquence d’éradiquer purement et simplement toute tentative de discussion politique de ces problématiques féministes. Nous devons pouvoir réfléchir et construire nos positions, pousser la pensée féministe toujours plus loin, nous emparer de ces enjeux de société pour nous émanciper toutes ensemble. Cela demande du temps, mais aussi un climat d’écoute. Celui-ci est notamment mis à mal par les postures identitaires adoptées par nombre d’entre nous, qui nous font nous tenir en permanence sur la défensive.

La grille de lecture intersectionnelle, par ailleurs utile pour démasquer les mécanismes de domination, peut en effet avoir des effets pervers lorsqu’elle est couplée au néo-libéralisme ambiant. Elle conduit à une individualisation de l’expérience, chacune étant victime d’une articulation unique d’oppressions. Cette situation dominée particulière devient l’identité même de la personne, qu’elle va présenter à elle-même et aux autres comme l’alpha et l’oméga de son positionnement politique. Nous considérons que ces politiques de l’identité sont réductrices et finissent par entraver la discussion, aucune ne pouvant partager le schéma de compréhension de sa voisine. Dans un article pour la revue Historical Materialism, Chi-Chi Shi, politologue et sociologue, pose la question de savoir si “la souffrance individuelle (et collective) est un critère politique”. Elle estime que l’internalisation du néo-libéralisme résulte en une individualisation croissante des sujets aux dépens des dynamiques collectives, et qu’on trouve dans les “politiques de l’identité contemporaines, une dépolitisation de la lutte, présentant l’oppression comme subjective et individuelle.” Sans effacer les différences et les rapports de pouvoir au sein du groupe, pensons plutôt le commun féministe.

Nos oppressions sont systémiques et nous devons donc les penser, mais surtout lutter contre elles, collectivement. Ceci implique de créer des espaces propices au débat, où ce n’est plus le vécu individuel ou collectif d’une souffrance qui est un critère de légitimité dans la discussion, mais bien la volonté de se donner les moyens de lutter ensemble contre nos oppressions communes. Nous sommes toutes légitimes dans la discussion car nous sommes toutes des victimes potentielles des violences machistes, certaines ayant déjà subi l’expression grave du système que nous dénonçons ensemble. 

Les espaces safe et la posture de victime: une assignation à la vulnérabilité?

Le dogmatisme et les politiques de l’identité ne sont pas les seuls obstacles posés actuellement au débat politique des enjeux féministes. La notion d’espace safe et la posture de la victime sont deux freins supplémentaires à la réflexion collective, qui ont de surcroît pour résultat de nous assigner à la vulnérabilité.

Les espaces safe, qui ont d’abord fait leur apparition en ligne, ont pour objectif premier “l’élimination de la violence dans les interactions entre les membres ; notamment ceux appartenant à des groupes sociaux marginalisés dans la société” (4). Cette élimination est toute relative, au vu des acharnements groupés qui ont cours à répétition contre des membres aux propos “problématiques” au nom de la charte en vigueur dans le groupe. Plus subtilement, et comme le souligne Fania Noël, la domination de classe est particulièrement exacerbée dans ces espaces, dont les codes et le vocabulaire exigent de nombreux acquis. “Être en sécurité est une notion extrêmement personnelle”, rappelle-t-elle, tout comme le caractère “choquant” des propos ou attitudes dont l’espace safe vise à nous protéger. Nous aimerions donc redéfinir l’espace safe comme un lieu où notre bienveillance et notre capacité de s’écouter et de se défendre les unes les autres sont affirmées, et non comme un espace totalement dénué de rapports de pouvoir et de violence. Juliette Rousseau rapporte l’utilisation par différents groupes de l’expression “safer space” – espace plus sécuritaire, “qui a le mérite de rappeler la dimension dynamique (et non pas acquise) nécessaire à la création d’espaces moins oppressifs.”(5)

Au-delà de cette incapacité du dispositif à écarter la violence et les rapports de domination, et malgré des intentions premières selon nous tout à fait louables, cette recherche du sécuritaire a des conséquences sur nos forces de résistance individuelle et collective. A vouloir nous isoler de la violence, cette notion de safe, appliquée à tous nos espaces politiques, ne nous outille pas face à un monde qui nous est hostile. Les vécus de nos compagnonnes sont violents, nous devons pouvoir les entendre. 

La mixité choisie, de genre ou de race, existe notamment pour que nos ressentis, nos récits et nos discussions politiques ne soient pas remises en questions par des paroles dominantes, et trouvent un espace d’expression. Ne nous privons pas de cet espace, il est vital. 

Il ne s’agit pas ici d’accuser les victimes d’agression d’un manque de réaction défensive, mais d’affirmer la nécessité de se préparer collectivement à cette violence, de se renforcer entre nous pour pouvoir sortir mieux armées de ces espaces. Nous devons pouvoir parler des violences machistes si nous voulons nous en protéger et les combattre. Et pour citer bell hooks, “un combat, c’est rarement safe et agréable.”(6)

Dans l’article de Chi-Chi Shi cité précedémment apparaît aussi la critique de Brown de la “politique de la souffrance”. Pour cette critique, elle mobilise “le concept nietzschéen de ressentiment pour affirmer que les gens aujourd’hui ont perdu leur désir de liberté et sont liés à leur oppression. Le ressentiment est le « triomphe du faible en tant que faible », une revanche moralisante des sans-pouvoirs qui cherche à voir la souffrance comme une vertu sociale, et la force et le privilège comme immoraux.” Cette valorisation de la souffrance peut entraîner la volonté de se maintenir dans une posture, individuelle ou collective, de victime, sans défense ni agentivité. Shi affirme par ailleurs quebien qu’il soit important de reconnaître les éléments psychiques du trauma et de la souffrance, il est tout aussi important d’éviter de réifier ceux-ci en tant qu’identité.

La réification de la souffrance en tant qu’identité nous maintient donc dans une posture de victime. Dans cette posture et face à un monde qui dénigre la faiblesse, nous sommes amenées à valoriser notre propre vulnérabilité, mais aussi à nous y assigner. “Victime de violence, tu seras fragilisée et nous le serons avec toi.” Adopter la posture de victime sans questionner ses enjeux c’est risquer de ne plus nous autoriser que des comportements correspondant aux stéréotypes de genre.

Critiquer l’assignation à la vulnérabilité ne revient ni à blâmer le caractère vulnérable d’une personne, ni à rejeter les qualités humaines associées par le système patriarcal à la faiblesse. Ces qualités prônées dans les espaces safe comme la sensibilité, le care (le soin aux autres) ou l’écoute auxquelles les femmes sont socialisées, sont à valoriser. Moquées ou dénigrées, elles sont fondamentales pour la cohésion de nos collectivités, et doivent urgemment être redistribuées par-delà les genres. Cette revalorisation nécessaire doit cependant se garder de nous limiter a priori à ce type de comportements. Une victime d’agression ne se sent pas systématiquement victimisée par ce qui lui a été infligé. Quelle que soit la façon dont la personne vit cette violence, le groupe doit se donner pour mission de la renforcer et de se renforcer collectivement. 

La façon dont nous décidons de répondre aux violences machistes survenant au sein de nos groupes est éminemment politique. Il s’agit d’espaces où nous nous offrons la liberté d’autogérer nos relations interpersonnelles, et les rapports de pouvoir qu’elles impliquent. Cette liberté collective s’accompagne d’une responsabilité, qui est celle de penser les relations que nous désirons entretenir au sein de ces groupes. Pour réfléchir ces questions ensemble, nous devons avoir la possibilité de les discuter politiquement, sans que ce débat ne soit silencié au nom du “problématique”(7).

Par ailleurs, nous estimons que les milieux féministes bénéficieraient de la construction de liens avec des associations spécialisées dans la lutte contre les violences sexuelles, afin de se former et de mieux comprendre la spécificité de ces violences, leurs tenants et aboutissants et les différents impacts psychologiques sur les victimes. 

Implications philosophiques: de la justice et de la radicalité

Les réponses qu’on pose aux violences ont une charge politique forte, notamment celle de reproduire ou non la justice bourgeoise. En tant que militantes révolutionnaires, nous devons nous positionner sur le type de justice que l’on aimerait voir exister dans la société qu’on cherche à construire. Et ce afin de pouvoir y articuler nos pratiques, c’est-à-dire appliquer ces principes dans nos espaces de vie ou de lutte, que ceux-ci reflètent cette société idéale. Est-ce qu’on veut une justice punitive pour dissuader et se venger; une justice réhabilitative pour “guérir”; ou une justice réparatrice pour tenter de dédommager d’un préjudice? La nécessité de se positionner collectivement peut sembler lointaine mais elle est d’actualité, comme le montrent les débats suscités dans les milieux anarchistes par l’exécution d’un dealer à Exarchia, à Athènes. 

Par ailleurs, on peut se poser la question de savoir si on distingue les agresseurs parmi nos camarades des agresseurs externes à nos milieux. Dans le premier cas, leur adhésion à un collectif implique leur acceptation des règles de justice décidées par le collectif, mais encore faut-il que ces règles existent. Dans le cas où les agresseurs sont externes, et en l’absence de réactivité de la justice institutionnelle (sachant par exemple que la majorité des violeurs demeurent impunis), on pourrait considérer que l’auto-justice soit une réponse appropriée. Mais est-ce que nous voulons instaurer des dynamiques de vengeance, n’impliquant pas l’accusé dans le processus de justice, au sein-même de nos groupes? Refuser la réparation par l’éducation par exemple, c’est estimer que les actes mentionnés dans cet article sont irréparables d’une part, et croire que nos camarades ne peuvent pas changer d’autre part. 

Sur les implications plus larges de l’éducation réparatrice, nous partageons l’analyse de Juliette Rousseau, qui dans son livre “Lutter ensemble”(8) présente la nécessité d’un travail collectif à long terme si l’on veut parvenir à transformer nos situations

Si des dynamiques oppressives continuent de se manifester dans l’espace du collectif, cela traduit surtout le fait qu’elles sont profondément ancrées, à l’échelle individuelle comme collective, et que faire communauté à partir d’elles et dans la volonté de les dépasser ne peut être qu’un travail de long terme. Mais c’est également et surtout un travail collectif. La logique d’individualisation à l’oeuvre dans de nombreux espaces de lutte, qui consiste à désigner une personne oppressive, non pas dans le but de l’amener à changer mais bien le plus souvent dans le but de l’exclure (ce qui peut parfois s’entendre complètement), crée ainsi plus difficilement un sentiment d’appartenance collective et encore moins une puissance de transformation. Car c’est bien de cela qu’il s’agit au final: créer une puissance de transformation à même de déplacer nos subjectivités oppressives/opprimées.

L’opposition entre exclusion et éducation nous amène à une autre question, qui est celle du caractère plus ou moins radical de ces positionnements sur l’échelle féministe militante. Nous ne croyons pas qu’exclure systématiquement tout agresseur de l’intégralité de nos milieux soit un choix plus radicalement féministe que celui de prendre la mesure de chaque situation particulière, en étant certes à l’écoute des besoins de la victime mais également disposées à mettre en place des mesures confrontant davantage l’agresseur. Si être radical signifie bien traiter un problème à la racine, alors ce n’est pas s’en éloigner que de préférer voir appliquées des démarches moins catégoriques.

Une autre dimension à discuter est celle de la distinction à faire (ou pas) entre la ou les personnes qui accusent et la ou les personnes qui rendent un jugement. Jusqu’où peut-on se permettre de laisser la victime seule décider des mesures à prendre par le groupe et à partir de quand est-ce que la décision devient du ressort du collectif? Qu’est-ce que ça implique que la victime soit à la fois juge et partie? 

Nous ne prétendons pas avoir la réponse à toutes ces questions mais souhaitons rappeler la nécessité – et l’urgence – de les poser. Il y a selon nous un intérêt à réfléchir à des procédures systématisées et impartiales, qui puissent tout de même rendre compte de la spécificité de chaque situation. Afin de nourrir la réflexion, passons en revue les procédures déjà mises en place par différents groupes existants. 

Avec Generation Five, la justice transformatrice comme réponse aux violences sexuelles

Le collectif Generation Five aux États-Unis, qui vise à mettre fin à l’abus sexuel des enfants, publie en 2007 “Toward Transformative Justice”(9) (Vers la justice transformatrice), un document qui propose des pistes intéressantes vis-à-vis des questionnements philosophiques exposés ci-dessus. 

Ce collectif entend “développer une réponse libératrice à la violence intime, interpersonnelle et communautaire” à travers une approche visant la “sécurité et la responsabilisation sans recourir à l’aliénation, à la punition ou à la violence étatique ou systémique, y compris l’incarcération et les services de police”. Ils et elles considèrent que “les conditions qui permettent à la violence de se produire doivent être transformées afin d’obtenir justice dans les cas individuels de violence.

A cette justice sont posés 4 objectifs, qui sont: 

  • la sécurité, la guérison et l’action des survivants ; 
  • la responsabilisation et transformation de ceux qui commettent des abus ;  
  • la réaction de la communauté et responsabilisation ; 
  • la transformation de la communauté et des conditions sociales qui créent et perpétuent la violence, c’est-à-dire les systèmes d’oppression, d’exploitation, de domination et de violence de l’État.

Malgré la gravité des faits auxquels ce collectif fait face, c’est donc une réponse globale qu’ils et elles tâchent d’y apporter. Les survivant-e-s, les agresseurs ainsi que l’ensemble de la communauté sont pris en compte sous différents angles dans le but d’un jour mettre fin à ces violences

Chez AL France, des procédures statutaires mises en place pour chaque cas d’agression

Ces principes sont également appliquées ailleurs. Les statuts d’Alternative Libertaire France(10), d’avant sa récente fusion dans l’Union Communiste Libertaire, imposent en cas d’accusation d’agression sexuelle certains principes à respecter dans le cadre d’une procédure lancée par un organe exécutif: suspension des militants accusés durant l’enquête, écoute et soutien de la victime, et mise en place d’une commission non-mixte d’enquête, indépendante des parties concernées. Cette dernière rédige un rapport, anonymisé, et formule des recommandations sur lesquelles les instances de coordination (collectives et mixtes) se prononcent ensuite. 

Un autre exemple de réponses aux violences est celui du Rojava. Leurs procédures ayant cours dans un contexte de guerre, elles sont moins facilement transposables aux milieux bruxellois que les méthodes françaises. On y trouve cependant une application concrète de justice restaurative. En effet, les Kurdes ont mis en place des comités de justice, les « Peace and Consensus Committees », comparables à des tribunaux de première instance ou à la justice de paix. La grande majorité des litiges est réglée par ces comités qui tentent d’y répondre de façon consensuelle. Il existe deux types de comités : un comité mixte, et un comité non-mixte (composé uniquement de femmes) qui traite des problématiques patriarcales. 

Nous finirons ce panorama non exhaustif avec l’exemple des Zapatistes, au Chiapas au Mexique, chez qui “la justice autonome est une justice arbitrale de médiation qui recherche un accord entre les parties, afin de restaurer la possibilité d’une vie collective pacifiée.”(11)

Conclusion 

Nous avons montré que les réflexes dogmatiques, qui séduisent de plus en plus de féministes (ainsi que quelques alliés ou complices), tendent à empêcher la discussion dans nos milieux et, plus grave encore, au sein-même des espaces non-mixtes. Cette tendance est renforcée par la volonté de créer des espaces toujours plus sécurisants, qui nous amène à mettre de côté des débats aux enjeux politiques cruciaux. Au-delà de la dépolitisation de nos souffrances et de nos luttes, nous courons aussi par là le risque de nous assigner à la vulnérabilité et de mal nous outiller face aux violences patriarcales. Dans ce contexte, nous appelons à réengager la discussion.  

Ce plaidoyer se veut être un appel à la réflexion. Les problématiques abordées ici peuvent constituer des points de rupture entre féministes, nous aimerions plutôt construire des ponts.

Pamela C et Mona M

(1) Espaces militants, collectifs divers et lieux de vie. Ces cas sont généralement traités en non-mixité ou en mixité choisie.

(2) Par violences machistes, nous entendons les cas d’agression sexuelle, de harcèlement et de viol. Nous distinguons ces violences des comportements agressifs et/ou genrés que peuvent avoir certains camarades, qui s’ils reproduisent certaines oppressions ne menacent pas notre intégrité.

(3) La non-mixité choisie est le choix de se rassembler en l’absence d’hommes cis-genre, c’est-à-dire dont le genre correspond à celui qui leur a été assigné à la naissance.

(4) “Militer : une activité safe ? Pour une critique politique de la notion d’espace safe”, par la militante afroféministe FANIA NOËL dans le magazine Contre-attaque(s).

(5) JULIETTE ROUSSEAU, “Lutter ensemble – Pour de nouvelles complicités politiques”,
2018, éd. Broché, pp 232-233.

(6) BELL HOOKS, “Ne suis-je pas une femme”, 2015, éd. Broché.

(7) Expression utilisée de manière interchangeable pour dénoncer/qualifier des propos ou
comportements jugés oppressifs ou blessants, ou qui dérogent d’une manière ou d’une autre à la charte explicite ou implicite du groupe.

(8) JULIETTE ROUSSEAU, “Lutter ensemble – Pour de nouvelles complicités politiques”, paru
le 7 novembre 2018 (Broché), pp 261-262.

(9) Toutes les citations sont traduites par les autrices depuis GENERATION FIVE, “Toward
Transformative Justice – A Liberatory Approach to Child Sexual Abuse and other forms of
Intimate and Community Violence”, juin 2007, p 5.

(10) Organisation anarchiste de tendance communiste libertaire. Leurs statuts.

(11) UNION COMMUNISTE LIBERTAIRE, “Chiapas/zapatistes : Réparer plutôt qu’enfermer”,
septembre 2018.