« Moins de quantité, plus de qualité » : le personnel des hôpitaux IRIS en grève.

Ce lundi 3 juin à 9h, nous avons rejoint la piquet de grève des infirmièr.e.s et du personnel soignant des hôpitaux publics du réseau bruxellois IRIS, face au siège de leur association faîtière Iris, situé rue Dejoncker à Saint-Gilles.

Rassemblant quelques centaines de personnes, l’action avait pour but de mettre en avant les revendications du personnel des hôpitaux publics qui critiquent avant tout l’austérité financière dans le secteur et ses conséquences néfastes pour le bien-être et la santé du personnel ainsi que des patient.e.s.  

Lors de la prise de parole, nombre des témoignages ont dénoncé les conditions de travail de plus en plus extrêmes auxquels font face les infirmièr.e.s, les sages-femmes et le personnel des hôpitaux. Alternés par des slogans tels que «  Moins de quantité, plus de qualité », les orateurs.trices ont tracé le portrait d’une catégorie professionnelle toujours plus au sujette au burnout, broyée comme elle est par des horaires intensifs et stressants qui ne laissent guère le temps d’avoir une vie privée et de pouvoir récupérer l’équilibre nécessaire à exercer leur rôle de façon adéquate.

Une participante à la manifestation, interviewée par Anker, a donné plus de détails quant aux conditions de travail soulignant comment les infirmièr.e.s sont obligé.e.s de « courir partout » avec un taux croissant de patients, une réduction constante des moyens et un manque de personnel, c’est-à-dire « faire de plus en plus avec de moins en moins ». Cela entraine que les travailleur.euse.s sont obligé.e.s d’effectuer beaucoup d’heures supplémentaires aussi pendant le weekend et les jours fériés, ce qui ne laisse que très peu de temps libre, qui est d’ailleurs dédié à travailler pour « essayer d’améliorer leur conditions de travail ».

Au sujet des revendications, il est frappant d’entendre notre interviewée dire : « on ne demande pas grand-chose, comme par exemple avoir des uniformes propres » et encore « de se voir reconnu le temps passé à se changer aux vestiaires et de pouvoir choisir comment récupérer les heures supplémentaires ». L’impact de ces conditions de travail inhumaines s’immisce aussi dans le service rendu aux patient.e.s et à leurs familles, auxquels les infirmièr.e.s n’ont pas le temps de parler pour expliquer les raisons des attentes ou ce qui va se passer. Les effets de cette dynamique perverse sont à nouveau ressentis par le personnel des hôpitaux, surtout celui qui travaille aux urgences, où, souvent, des patients frustrés par les attentes et le manque d’explications réagissent violemment en mettant à risque la sécurité des infirmièr.e.s.

Une deuxième personne fait écho à ce récit sur les effets de l’austérité, nous disant qu’il ne s’agit plus de « soins humanisées » puisque les infirmièr.e.s ne travaillent pas avec des paquets mais avec des personnes et que les hôpitaux ne sont pas une chaine d’assemblage. « Nous n’avons plus le temps de prendre la main à quelqu’un, de lui parler et lui expliquer…on fait des actes, des actes, des actes ».

Cet échange montre l’effet déshumanisant de l’austérité sur les infirmièr.e.s mais aussi sur les patient.e.s. Le slogan « Moins de quantité, plus de qualité » démontre que pour les travailleurs.euses mobilisé.e.s, la principale revendication est de pouvoir exercer leur métier dans des conditions humaines pour tou.te.s.

Après environ une heure de rassemblement, une délégation est rentrée dans les locaux d’IRIS et nous tacherons de relayer tout développement à ce sujet.